MENU
©Philippe Chancel

DATAZONE : Philippe Chancel expose à Beaupréau

Du 5 octobre au 10 novembre 2019, Philippe Chancel expose une série de photos « DATAZONE » au Centre culturel de La Loge, tous les jours de 15h à 18h.

Depuis 15 ans, cet artiste de renommée internationale parcourt la planète à la recherche de « datazones », des zones sensibles à cause de la guerre, de la dégradation de l’environnement, de catastrophes naturelles ou humaines. 70 photos de la série seront présentées à Beaupréau.

À noter :
  • vendredi 4 octobre à 17h30 / Vernissage de l’exposition, en présence de l’artiste
  • du 5 octobre au 11 novembre, tous les jours de 15h à 18h / Exposition
  • dimanche 13 octobre à 15h30 / Visite commentée par Jean Gorvan, commissaire de l’exposition

Après une rencontre avec l'artiste et Michel Poivert, historien des images, Jean Gorvan, commissaire de l’exposition, commente le travail photographique de Philippe Chancel en s'inspirant de leurs propos :

P14 Expo1 Philippe Chancel Copie

« Hors des sentiers battus par des medias à la recherche du scoop, de l’information spectaculaire, de la narration de faits hors du commun, le photographe Philippe Chancel choisit de revenir sur des moments marquants pour nos sociétés. Il nous donne à voir les cicatrices de ces événements pour éveiller en nous une prise de conscience.

C’est un fragment éloquent d’un travail considérable que nous livre l’auteur qui a mené cette exploration de la planète sur quinze lieux parmi les plus sensibles. Ils sont révélateurs des symptômes les plus alarmants d’un déclin vers lequel nous nous précipitons. DATAZONE est un projet si original qu’on ne trouve aucune trace d’un tel engagement photographique dans la courte histoire du médium. Il nous conduit à Flint pour évoquer les problèmes d’une désindustrialisation chaotique, fait un détour par l’Antarctique pour témoigner des conséquences du dérèglement climatique. Il nous entraîne ensuite à Dharavi au cœur du second plus grand bidonville du monde. Europe, Amérique, Afrique, Asie, c’est le monde entier qui hurle à nos yeux. Aucune trêve en vue.

Cette histoire dans laquelle Philippe Chancel s’est investi durant quinze ans, c’est notre histoire. Ses images, exigeantes, nous imposent de nous arrêter. Elles se donnent à nous dans un parcours d’exposition qui nous laisse un peu désemparé tant certaines situations sont magnifiées par le regard affuté et sensible de leur auteur. Ce désastre, parfois, semble beau, et, comme dans un film, nous pressentons la catastrophe et nous sentons monter la peur.

Philippe Chancel place nos catastrophes au cœur de la beauté. Il ne s’agit en aucun cas d’embellir la tragédie. Mais la beauté, l’élégance, l’harmonie présentes dans les images de l’auteur sont extrêmement troublantes. De la fonte des glaciers au désastre de Fukushima en passant par la pollution du delta du Niger, ce sont les formes et les couleurs qui nous saisissent. Nous sommes pris comme spectateurs devant une contradiction : comment tant de beauté peut-elle naître de l’horreur ?

Datazone c’est peut-être cela : la beauté comme planche de salut. Dans la grande tradition de la photographie des années 50-60 on faisait des photos terrifiantes. On s’est rendu compte que le « choc des photos » ne servait pas à grand-chose et que l’horreur n’était pas la recette pour modifier nos comportements. Alors le grand pari de Datazone se loge dans cette question : « La beauté n’est-elle pas plus pédagogique que l’horreur ? » Refuser la tragédie (sans l’ignorer) au profit d’une aspiration vers le beau pourrait bien être le sens de cette exposition. »

© Crédits photos : Philippe Chancel

Imprimer

  • visuel-
  • visuel-
  • visuel-
  • visuel-
  • visuel-
  • visuel-
  • visuel-